Principe 3
Deux prix à la caisse.
Chaque étiquette porte désormais un prix en euros et un prix en EQO. Deux monnaies, deux compteurs, une même simplicité.
Le compte EQO
Un compte carbone, géré comme un compte bancaire.
L'EQO n'est ni un jeton papier ni une carte à tamponner. C'est un compte dématérialisé : un solde, un historique, des virements. Vous le consultez comme votre compte en banque, sur la même application ou presque. Chaque achat inscrit une ligne — la date, le montant, le solde restant.
Au moment de payer, deux monnaies sont débitées en même temps : des euros et des EQO. Rien de nouveau à apprendre : vous gérez vos EQO exactement comme votre argent. Le geste est identique, seul le compteur s'ajoute.
👟
Une paire de chaussures
À retenir
Un solde qui se recharge une fois par an, un historique consultable, des virements possibles vers le fonds vert : le compte EQO reprend les codes que chacun maîtrise déjà. Aucune gymnastique nouvelle à apprendre.
Une faisabilité concrète
La technologie existe déjà.
Le double paiement ne réclame aucune infrastructure nouvelle. Les cartes bancaires actuelles peuvent porter le débit EQO au même titre que le débit en euros : le terminal de paiement connaît le prix EQO de chaque article via son code-barres, et prélève les deux monnaies en un seul passage. C'est un choix d'ingénierie éprouvé, pas un pari technologique.
La carte que vous avez
Aucun objet supplémentaire à porter. La carte bancaire existante véhicule aussi bien l'euro que l'EQO.
Un seul passage
Au moment du paiement, le terminal débite simultanément le montant en euros et le montant en EQO.
Le réseau en place
Codes-barres, terminaux, réseaux interbancaires : toute la chaîne existe. Il reste à y adosser un second compteur.
Le double débit
Un article scanné, deux prix lus, deux comptes mouvementés. L'opération est instantanée et invisible pour le client : il présente sa carte comme aujourd'hui, et les EQO se déduisent en même temps que les euros.
Mode expert · double comptabilité au point de vente
Chaque référence produit porte, en base, une valeur carbone issue de la nomenclature (rattachée au code-barres ou à la catégorie fiscale). Au passage en caisse, le terminal agrège deux totaux indépendants : un flux monétaire acheminé par les réseaux interbancaires existants, et un flux EQO routé vers le registre des comptes carbone. Les deux règlements sont atomiques : si l'un échoue, la transaction entière est refusée, de sorte qu'un euro débité corresponde toujours à un EQO débité, et réciproquement.
Le catalogue des prix
On connaît le prix carbone avant d'acheter.
Le prix EQO n'est pas une surprise en caisse : il figure sur l'étiquette, à côté de l'euro, et il est publié à l'avance. Chacun peut donc arbitrer en connaissance de cause. Là où l'euro masque le coût climatique, l'EQO le révèle : deux produits au même prix en magasin peuvent afficher des prix EQO du simple au décuple.
→ Le catalogue complet des prix en carbone est consultable ici.
🥖
Pain (1 kg)
6,90 EQO
≈ 0,69 kg CO₂e
🥕
Légumes de saison (1 kg)
3,20 EQO
≈ 0,32 kg CO₂e
🚲
Trajet à vélo
0 EQO
≈ 0 kg CO₂e
🥩
Bœuf (1 kg)
300 EQO
≈ 30 kg CO₂e
👕
T-shirt fast-fashion importé
90 EQO
≈ 9 kg CO₂e
✈️
Vol A/R Paris–New York
17 000 EQO
≈ 1,7 t CO₂e
À ne pas confondre
Ces montants sont des ordres de grandeur issus du simulateur, destinés à rendre le principe tangible. Le barème qui fera foi est la nomenclature arrêtée et publiée par l'Autorité indépendante.
Mode expert · granularité & arrondis
Sous 10 EQO, l'affichage conserve deux décimales (le pain à 6,90 EQO) ; au-delà, la valeur est arrondie à l'unité, puis à la dizaine ou à la centaine pour les gros postes, afin de rester lisible sans fausse précision. La comptabilité interne, elle, travaille au centième d'EQO : seuls les arrondis d'affichage sont appliqués ; le solde débité est la somme exacte des valeurs de la nomenclature, et l'écart d'arrondi n'est jamais imputé au titulaire du compte.
L'effet seconde main
L'occasion et la réparation décollent.
L'essentiel du carbone d'un objet est émis à sa fabrication. Le neuf coûte donc cher en EQO. Mais ce carbone n'est payé qu'une fois : une fois l'objet fabriqué, le racheter d'occasion, le réparer ou le louer ne coûte presque pas d'EQO — l'empreinte a déjà été acquittée.
Conséquence directe et mécanique : la seconde main, la réparation et la location deviennent, en EQO, radicalement plus avantageuses que le neuf. Le double prix rend visible ce qui restait une intuition : prolonger la vie d'un objet, c'est ne presque rien débiter au climat.
Réparer
Un objet remis en état ne débite que le carbone des pièces changées — une fraction du neuf.
Revendre
La seconde main circule sans nouvelle émission : le carbone de fabrication reste payé une seule fois.
Louer
Mutualiser un bien, c'est répartir son empreinte sur de nombreux usages plutôt que sur un seul achat.
À retenir
Le double prix ne se contente pas d'informer : il réoriente l'économie vers la durée. Ce que le marché du neuf masquait, l'EQO le récompense — sans interdiction ni subvention, par le simple affichage du vrai coût.